29.11.2008

"May the winds blow till they have waken'd death!"

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28.11.2008

Aussitôt dit...

Et voilà un petit Beatles tout chaud (je ne me fait jamais prier bien longtemps à ce sujet) suite à la demande motivée et insistante d'un lecteur bien-aimé.

Avec en prime, en double hommage à son nom et à la musique, une photo de la campagne anglaise pour faire bonne mesure.

 

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La (foutue) vie moderne

Je peux bien vous l'avouer : récemment, j'ai pleuré comme une grosse bêtasse au cinéma. Et devant quoi ? Devant La vie moderne, le dernier volet de la trilogie de Depardon, consacrée aux paysans français. En une seconde, je suis propulsée dans mes souvenirs d'enfance. Je sais l'odeur des prés qui s'étendent sur l'écran dans la lumière du soir. Je sais le parfum de petit matin. Je sais le bruit des cailloux sur les chemins. Je sais les non-dits derrière les visages peu causants.

Et tout à coup, ça me fout le cafard. Peut-être est-il accentué par les commentaires déplacés de la vieille dame en fourrure  assise à côté de moi, qui, entre deux papotages condescendants avec sa voisine, répond gaiement au téléphone en plein milieu du film ? Subitement, je ne me sens pas à ma place dans ce foutu 16e arrondissement. J'ai des bouffées de nostalgie, pour un monde qui disparaît lentement et dans l'indifférence générale. Ces hommes et ces femmes sont les derniers à exercer un métier pourtant millénaire.

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Et je m'interroge.

Est-ce que mes enfants connaîtront cette vie faite de petits riens qui a bercé mes jeunes années ? Les gaufrettes dans la boîte à gâteaux en fer blanc, le goût unique du lard sur du pain moutardé, le lapin désossé sur la table du petit déjeuner, la gelée de mûres maison, les boursouflures d'orties sur les mollets, les noisettes cassées au marteau, le beurre fraîchement battu, les soirées à jouer aux cartes en misant des boutons, l'odeur de l'Eau de Cologne, le vinaigre sur les piqûres de moustique, les chaussettes en laine dans les sabots, la vie rythmée par les cloches, l'écossage des petits pois, les boutons d'or le long des ruisseaux, le bruit grinçant des volets en bois, la lecture des Comtesse de Ségur dans les champs pleins de sauterelles...? Qu'est-ce que les générations suivantes sauront de tout ça ?

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27.11.2008

Musique des nuits d'avant

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Avant de m'installer à Paris, j'habitais un grand, grand appartement.

 

 

Mon salon baigné de soleil le jour était éclairé par les reflets bleuâtres de la lune durant la nuit.

Et j'en ai passé des nuits, toutes lumières éteintes, l'ombre du balcon dessinant des arabesques sur le plancher, à ne rien faire d'autre que de savourer cette quiétude nocturne, cette délicieuse solitude.

Certains soirs, j'avais la trouille, alors j'écoutais tout bas Leonard Cohen pendant que ma soeur cherchait le sommeil dans son lit d'hôpital.

Certains soirs, j'écoutais en boucle "No woman, no cry", mes pieds nus s'enfonçant dans le moelleux du tapis chinois.

Et j'attendais que ça passe.

26.11.2008

"Les voleurs de nuit redoutent les réverbères"

0002.JPGEn ce moment, je fais une petite obsession sur les réverbères. Je les prends en photo partout où je passe, à Paris, bien sûr, où ils pullulent, en Bretagne, en Irlande, sur les ponts, au coin des rues...

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J'ai une certaine tendresse pour eux.

 

 

 

Ils me font l'effet de discrets protecteurs de nos balades nocturnes, endimanchés, gracieux, prolongeant leur silhouette guindée sur les pavés où ils étirent leur ombre à l'infini.

 

"Toujours l'homme en sa nuit trahi par ses veilleurs !"

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Dubliner

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25.11.2008

Les portraits de Van Dyck

Comme ceux qui me lisent de temps en temps le savent déjà, et comme ceux qui ne m'ont jamais lue vont l'apprendre pas plus tard que maintenant, j'aime les portraits. Je suis fascinée par ces visages qui ont traversé les siècles : je l'ai déjà dit, mais quand on fait de l'Histoire, quand notre "matière scientifique" est constituée de morts, quand on passe des journées à éplucher des manuscrits rédigés d'une plume baveuse quelques cinq cent ans plus tôt, on oublie parfois qu'on a affaire à de vraies gens plutôt qu'à des statistiques abstraits. Les portraits nous permettent donc de donner de la chair à un squelette de chiffres.

Et s'il est un portraitiste que j'aime particulièrement, c'est Antoon Van Dyck.

Ca tombe bien : le Musée Jacquemart-André (qui possède trois des 12 oeuvres du peintre conservées en France) lui consacre une très belle exposition. Huit salles tendues de velours où nobles et bourgeois arborent une posture où la rigidité de la gentry anglaise est adoucie par une sprezzatura toute italienne. Van Dyck, imprégné du travail des maîtres du Seicento, le Titien en tête, modernise l'art traditionnel du portrait, en y insufflant une humanité nouvelle (notamment dans les portraits de couples, où la tendresse affleure à travers des gestes et des regards).

Ce qui m'a toujours fascinée dans ses portraits, comme dans ceux d'Holbein, c'est la modernité des visages.

Regardez-les bien.

Ôtez les moustaches qui frisent, les barbiches pointues, les fraises arrogantes, les perles dans les cheveux, et il vous reste les traits de personnes qui ont vécu il y a 4 siècles et qui sont pourtant très actuels. Pas de bouche pincée en cul de poule, d'yeux à fleur de tête, de lignes accentuées et d'absence d'ombres qui font du modèle une sorte de personnage imaginaire et lisses. Mais plutôt des regards vivants, des nez vigoureux, des lèvres qui s'apprêtent à parler.

Et une troisième dimension qui affleurerait presque.

Des vraies gens.

 

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Adriaen Stevens.jpg dyck4.jpg Lucas van uffelen.jpg Nicolas Lagnier - Copie (2).jpg Portrait of a young general.jpg van dyck cornelius van der geest - Copie (2).jpg VanDyck frans snyders.jpgvd.jpgdyck4 - Copie.jpg young woman with a child - Copie (2).jpg maria louisa de tassis.jpg

05.11.2008

Blue birds fly

 

 

04.11.2008

Quand les gens meurent

Quand les gens meurent autour de nous, la seule chose qui nous reste, c'est la sensation du chaud et du froid sur notre visage, l'air qui gonfle nos poumons, le bruit des arbres dans les feuilles, la douleur sourde, et l'incapacité à comprendre que tout ceci est encore là alors même qu'ils ne le ressentent plus.

Comment la vie peut-elle avoir l'indécence d'être aussi normale, après ?

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Quand quelqu'un meurt près de nous, c'est le souvenir des autres qui réapparaît, avec cette lancinante impression d'être de plus en plus seule.

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