02.10.2009

Où l'on retrouve ce cher Calder

 

"Pour un ingénieur, bien signifie parfait.

Pour un artiste, la perfection n'existe pas."

Alexander Calder

 

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[A. Calder, L'Homme, Montréal, Ile Sainte Hélène]

 

01.10.2009

"c'est comme si tu disais que tu détestes papa !"

Il pleut à torrents sur Montréal.

Les petits matins humides sont glacés, notre haleine s'élève en volutes dans les airs, les feuilles rouges sur les trottoirs se font glissantes, un nuage de vapeur s'échappe de nos manteaux dès qu'on entre dans le métro, les parapluies s'entrechoquent.

[le gratin dauphinois mijote dans le four]

C'est un temps à s'asseoir confortablement dans son canapé et à regarder Autant en emporte le vent.

[mais pourquoi ne l'ai-je pas emmené ???]

30.09.2009

Bientôt

Bientôt.

Bientôt, à Montréal, l'extraordinaire richesse de la tradition littéraire et de la peinture anglaises, mêlées dans l'art des Pré-Raphaélites.

Le renouveau de l'affirmation d'une identité toute insulaire.

La profusion du symbolisme.

Bientôt, bientôt.

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[John William Waterhouse, Ophelia, 1910]

 

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J.W. Waterhouse. Le Jardin des sortilèges. Musée des Beaux-Arts de Montréal du 2 octobre 2009 au 7 février 2010.

29.09.2009

"I'll pour this pestilence into his ear"

 

Mort ou jalousie : chez Shakespeare, ces poisons - qui sont intimement liés - se distillent dans l'oreille.

 

"Sleeping within my orchard, My custom always of the afternoon, Upon my secure hour thy uncle stole, With juice of cursed hebenon in a vial, And in the porches of my ears did pour The leperous distilment; whose effect Holds such an enmity with blood of man That swift as quicksilver it courses through The natural gates and alleys of the body, And with a sudden vigour doth posset And curd, like eager droppings into milk, The thin and wholesome blood: so did it mine; And a most instant tetter bark'd about, Most lazar-like, with vile and loathsome crust, All my smooth body. Thus was I, sleeping, by a brother's hand Of life, of crown, of queen, at once dispatch'd"

 

"Je dormais dans mon jardin, selon ma constante habitude, dans l'après-midi. À cette heure de pleine sécurité, ton oncle se glissa près de moi avec une fiole pleine du jus maudit de la jusquiame, et m'en versa dans le creux de l'oreille la liqueur lépreuse. L'effet en est funeste pour le sang de l'homme : rapide comme le vif-argent, elle s'élance à travers les portes et les allées naturelles du corps, et, par son action énergique, fait figer et cailler, comme une goutte d'acide fait du lait, le sang le plus limpide et le plus pur. C'est ce que j'éprouvai; et tout à coup je sentis, pareil à Lazare, la lèpre couvrir partout d'une croûte infecte et hideuse la surface lisse de mon corps. Voilà comment dans mon sommeil la main d'un frère me ravit à la fois existence, couronne et reine."

Hamlet, Acte I, scène 5 (trad. F.V. Hugo)

 

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[Henry Fuseli, Hamlet and the Ghost, 1789]
[Une pensée pour ma soeur]


[Iago] "Let's see:-- After some time, to abuse Othello's ear That he is too familiar with his wife."

Othello, Acte I, scène 5

 

[Iago] "When devils will the blackest sins put on, They do suggest at first with heavenly shows, As I do now: for whiles this honest fool Plies Desdemona to repair his fortunes And she for him pleads strongly to the Moor, I'll pour this pestilence into his ear, That she repeals him for her body's lust; And by how much she strives to do him good, She shall undo her credit with the Moor."

 

"Quand les démons veulent produire les forfaits les plus noirs, ils les présentent d'abord sous des dehors célestes, comme je fais en ce moment. En effet, tandis que cet honnête imbécile suppliera Desdémona de réparer sa fortune et qu'elle plaidera chaudement sa cause auprès du More, je verserai dans l'oreille de celui-ci la pensée pestilentielle qu'elle ne réclame Cassio que par désir charnel ; et plus elle tâchera de faire du bien à Cassio, plus elle perdra de crédit sur le More."

Othello, Acte II, scène 3 (trad. F.V. Hugo)

23.09.2009

"Sous la pluie fine, l'automne est là"

 

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La vie à Montréal est décidément agréable. L'automne arrive, et avec lui les premières feuilles orangées. L'air se fait plus frais. Les épaules nues se couvrent. Les lumières jaunes à l'intérieur des maisons semblent appeler à s'installer confortablement sur son canapé avec une tasse de thé bien chaud. J'attends l'hiver avec impatience, qui l'eut cru ?

La gentillesse et la disponibilité des gens est au-delà de tout ce qu'un français ayant vécu de longues années à Paris peut imaginer.

Tout cela est d'un grand réconfort en cette période d'attente et de stress, où ma destinée professionnelle dépend encore et toujours du bon vouloir de quelques maudits français.