27.10.2008

Une nuit d'octobre, sur le Forum

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08.10.2008

Le syndrôme de Stendhal

En 1817, Stendhal est à Florence et visite notamment l'église de Santa Croce :

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giotto.jpgIl ressent alors un choc violent, causé par la beauté des oeuvres d'art qu'abrite le lieu (personnellement, j'incriminerais les fresques de Giotto).

Dans son carnet de voyage, il décrira cette sensation avec ces mots : "J'étais arrivé à ce point d'émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j'avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber".

Voilà pourquoi l'écrivain a malgré lui donné son nom (1) à ces symptômes psychiques qui étreignent le voyageur en Italie, et tout spécialement à Florence, berceau de la Renaissance, où l'art est, comme on sait, omniprésent. Défini par les psychiatres comme "un état d'extase accompagné d'une forte charge émotionnelle au contact d'une œuvre d'art" (2), ce syndrôme, qui disparaît rapidement, se manifeste par l'accélération des battements du coeur, une sensation d'étouffement, et des vertiges.

Curieusement, il semblerait que ces dérèglements ne touchent pas les voyageurs américains ou asiatiques, ni même les Italiens, ces bienheureux baignant dans cette culture depuis leur plus tendre enfance.

 

Par conséquent, elle touche des gens comme moi.

 

Et j'en viens à mon anecdote personnelle (vous voyiez bien où je voulais en venir...).

La première fois que je me suis rendue à Florence, j'ai lu dans un guide touristique une allusion au syndrôme de Stendhal, laquelle m'a fait sourire, tout comme vous avez probablement souri vous-mêmes en lisant les paragraphes qui précèdent.

Et puis quelques heures plus tard j'ai visité le couvent  dominicain de San Marco (dont, au passage, Savonarole fut le prieur).

L'étage supérieur du couvent abrite les cellules des religieux, chacune ayant pour unique ornement une fresque réalisée par Fra Angelico (1400-1450), lui-même Frère Prêcheur.

Et moi, papotant gaiement dans l'escalier, pauvre innocente, je lève soudain les yeux vers le haut des marches, et mon regard est happé par une sublime Annonciation, absolument magnifique, infiniment douce, infiniment délicate.

Je ne m'y attendais pas et le choc fut, en effet, brutal. Malgré moi, je dois dire que j'ai ressenti comme un coup au coeur, quelque chose d'électrique qui m'a pétrifiée, et je suis restée là, incapable de bouger, face à cette fresque hypnotisante, mon coeur battant à tout rompre.

Ca n'a duré que quelques secondes, mais le vertige fut bien réel.

 

Je n'ai plus jamais ressenti ça par la suite, bien que j'aie été émerveillée par des dizaines d'oeuvres d'art plus superbes les unes que les autres, à Florence, et ailleurs. Je suis d'ailleurs revenue à San Marco quelques années plus tard, mais étant cette fois préparé, mon corps est resté parfaitement maître de lui-même.

 

Je garde pourtant une tendresse toute particulière pour cette Annonciation. Je l'ai déjà publiée sur le premier Elseneur [LA] mais je ne résiste pas au plaisir de la publier à nouveau ici :

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Et pour que ce plaisir soit total, il faut également la voir en couleurs, LA, et surtout, surtout, aller la voir en vrai !!!

 

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(1) C'est la psychiatre florentine Graziella Magherini qui fait le rapprochement entre les symptômes de ses patients et les carnets de voyage de Stendhal [La sindrome di Stendhal, Editions Ponte alle Grazie, 1996].

(2) Citation d'Anna Xaillé, 2002.

 

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Pour l'anecdote, il semble que ce soit surtout le David de Michelange qui provoque ce genre d'émois, ou encore la Vénus de Botticelli.

04.10.2008

"Qui peut jamais être seul en Italie ?"

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En Italie, il est un plaisir particulier : celui de de promener au gré des petites rues, laissant son regard errer le long des façades ocre, et rencontrer les Madones qui les habitent.

 

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"Qui peut jamais être seul en Italie ? Chaque pierre a une voix, chaque grain de poussière semble être l'instinct d'un esprit du passé, chaque marche rappelle quelque ligne, quelque légende d'une tradition depuis longtemps à l'abandon" (Margaret Fuller, 1847).

 

29.09.2008

A nos pieds

Le visiteur ou le fidèle qui entre dans une église ne devrait pas se contenter de lever les yeux vers de célestes voûtes.

S'il baissait modestement les yeux, il pourrait profiter de la richesse des sols, qui sont souvent de vraies petites merveilles.

 

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