17.11.2009

"Et bravo le merle !"

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Le temps de rien, en ce moment, et surtout pas de poster des billets dans mes blogs.

Je n'ai pas le temps de vivre d'aventures pétronillesques, pas le temps de prendre de photos. Plein de travail, des dossiers à monter, des projets à façonner, des cours à préparer, des archives à déchiffrer sur des microfilms jaunâtres et striés...

 

(Dieu que je hais les microfilms !)

Quelques moments de détente, tout de même, dans les rues de Montréal baignées d'un soleil d'automne encore chaud, et de délicieux instants de lecture. Le plaisir toujours renouvelé de se plonger toute entière dans l'univers foisonnant d'Umberto Eco, le genre de livre où l'érudition n'entrave pas la fantaisie, un vrai plaisir. J'ai du mal à m'en arracher pour allumer mon ordinateur et me mettre au travail.

 

 

09.11.2009

Une lecture

coeur-cousu-2.jpgA Montréal, les arbres ont perdu leurs feuilles, le froid se glisse sous les manteaux lorsque vient le soir, alors que quelque part en Andalousie les mains des conteuses dessinent des arabesques pour accompagner leurs mots et leur dessiner des ailes.

Je viens de refermer Le coeur cousu.

http://www.web-tv-culture.com/le-coeur-cousu-carole-marti...

21.08.2009

Parallèles

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17.08.2009

Obscurité

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"Je crois que les hommes ont en général encore un peu peur de l'obscurité, malgré la pendaison de toutes les sorcières, et l'introduction du Christianisme et des chandelles".
H.D. Thoreau, Walden ou La vie dans les bois, 1854.

16.08.2009

...pour qui vit parmi la Nature

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"Il ne peut être de mélancolie tout à fait noire pour qui vit parmi la Nature et possède encore ses sens... Pendant que je savoure l'amitié des saisons, j'ai conscience que rien ne peut faire de la vie un fardeau pour moi... Parmi mes heures les plus agréables je compte celles durant lesquelles avaient lieu, au printemps et à l'automne, les longs orages qui me confinaient dans la maison pour l'après-midi aussi bien que l'avant-midi, bercé par leur grondement et leur assaut incessants ; lorsqu'un crépuscule prématuré était l'avant-coureur d'un long soir au cours duquel maintes pensées avaient le temps de prendre racine et de se développer."
Henry David Thoreau, Walden ou la vie dans les bois, 1854.
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[S'il est un pays où (re)lire Thoreau semble approprié, c'est bien le Canada ; j'y trouve de quoi alimenter de nouvelles réflexions, et de quoi illustrer de nouveaux horizons. Je sens que ce cher Henry David va revenir régulièrement hanter ces pages].

19.10.2008

Shakespeare's Wife

Aéroport de Dublin : je prends l’avion dans deux heures et je n’ai rien à lire. Parmi les piles de livres aux couvertures colorées qui s’étalent devant moi, je choisis le dernier ouvrage de Germaine Greer consacré à Anne Hathaway, la méconnue épouse de Shakespeare.

[Bon, il se trouve qu’en réalité, épuisée, j’ai dormi pendant tout le vol, mais ça ne m’a pas empêchée de revenir à cette lecture plus tard]

 

greer.jpgL’intention de départ est plutôt bonne : mettre en lumière l’épouse du poète dont on sait si peu de choses, et, à travers elle, dresser un tableau de la vie des femmes à l’époque élisabéthaine.

Mais c’est justement là où le bât blesse : Germaine Greer mélange allègrement les genres de la biographie et de la micro-histoire (voire du roman historique) de manière assez contradictoire. Tantôt elle cherche à présenter Anne Hathaway dans toute son individualité, tantôt elle en fait plutôt la représentante de toutes les femmes de la fin du XVIe siècle, décrivant dans de longues digressions les activités quotidiennes de ces dernières, sans que rien ne puisse attester qu’elles furent aussi celles d’Anne.

Le problème, c’est que l’auteur n’a pas déniché de nouvelles sources concernant Mme Shakespeare. Reprenant celles qui sont déjà connues, elle essaie donc de les interpréter avec un regard nouveau, et ce regard-là est un peu trop outrageusement féministe. Selon elle, tous ceux qui se sont intéressés de près ou de loin à Anne Hathaway sont des auteurs masculins, misogynes de surcroît. Raison pour laquelle ils auraient sciemment minimisé son rôle.

Voulant à tout prix s’opposer à eux, Germaine Greer en perd quelque peu son impartialité scientifique pour faire d’Anne le parangon des vertus domestiques. Epouse dévouée et aimante, elle aurait été aimée en retour de son époux, lequel lui aurait fait partager l’avancée de l’écriture de ses œuvres, au cours de scènes touchantes à la lumière de la chandelle, que ne renierait pas le scénariste d’un téléfilm de M6. Elle serait d’ailleurs, selon Greer, l’éditrice du premier recueil publié après la mort de son mari, ce qui lui donne au surplus l’image d’une lettrée qui n’en serait pas moins une habile femme d’affaires. Chose étrange, Anne apparaît en parallèle comme une mère courage, élevant ses trois enfants à la sueur de son front, son mari, travaillant à Londres, ne lui envoyant pas un penny pour subvenir à leurs besoins (voilà tout de même une contradiction avec la précédente thèse des époux amoureux)….

anne-hathaway.jpgIl est vrai que le mariage de Shakespeare n’a jamais donné l’image d’un couple exemplaire ; mais le mariage dans l’Angleterre de l'époque moderne, comme ailleurs, est avant tout un partenariat destiné à assurer le confort et la sécurité des époux. Le poète épouse cette fille de fermiers en 1582, alors qu’il est âgé de 18 ans, sa fiancée en ayant 9 de plus, et se trouvant enceinte de trois mois. Beaucoup d’auteurs et de critiques ont vu dans cette différence d’âge et cette grossesse la preuve que le mariage fut plus subi que librement consenti. D’autant que dans la première version de son testament, qu’il fait rédiger un mois avant sa mort, Shakespeare ne lègue rien à son épouse, qui est sobrement appelée, dans la seconde version, « ma femme ».

Je ne conclurai pas en disant qu’il faut se priver de la lecture de ce livre, car il a le mérite de donner de l’épaisseur à Anne Hathaway, tout en donnant un bon aperçu de la vie des femmes des périodes élisabéthaine et jacobéenne.

Mais il faut garder une certaine distance.

Tout historien sait que la plus grave erreur qu’il puisse commettre est d’analyser le passé avec sa culture, ses idées, son éducation des XXe et XXIe siècles. Il faut savoir s'en débarrasser le mieux possible pour voir les choses avec le regard des personnes que l'on étudie. Faire d’Anne Hathaway une féministe 500 ans avant l’heure, c’est évidemment un bel anachronisme.

Et, hélas, beaucoup de biographies de femmes historiques tombent dans cet écueil. Comme si le meilleur moyen de rendre justice à l’une d’elles était de la présenter tenant tête aux hommes, vivant et pensant comme eux. Bref, d’en faire une héroïne de notre siècle au lieu de la replacer dans le contexte du sien. Qu'on ne s'y trompe pas, j'ai moi-même la tripe quelque peu féministe, mais il me semble qu'il ne faut pas tout mélanger, surtout pas quand on produit un travail scientifique.

 

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Germaine GREER, Shakespeare’s Wife, Bloomsbury.

06.10.2008

Paradiso

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"Toi, note, et telles que je le dis
ces paroles redis-les aux vivants
de cette vie qui est course à la mort"

Dante Alighieri

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Dante et Béatrice, Paradis, Chant 31, gravure de Gustave Doré.

19.07.2007

Un peu de Shakespeare pour le plaisir

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"We are such stuff

As dreams are made on

And our little life

Is rounded with a sleep"

 

The Tempest, IV, 1, 156-157